Mieux se connaître ne suffit pas

Quand la connaissance de soi passe de la tête à l’expérience.

Martin Doucet

10/2/20263 min read

« C’est tellement moi! »

C’est une réaction que j’entends souvent lorsqu’une personne découvre ses talents ou les résultats d’un test de personnalité. Et je la comprends. Tout à coup, des mots apparaissent pour décrire quelque chose qu’on ressentait depuis longtemps sans nécessairement savoir l’expliquer.

On se reconnaît, et ça peut faire du bien. Comme si certaines pièces du casse-tête commençaient enfin à trouver leur place.

Mais après?

Parce qu’il y a une différence entre savoir quelque chose sur soi et commencer réellement à le vivre.

Mettre des mots sur ce qui était déjà là

Aujourd’hui, nous avons accès à une quantité incroyable d’information pour mieux nous comprendre : tests de personnalité, profils de talents, livres, vidéos, balados, intelligence artificielle…

Tout cela peut être très utile. J’aime particulièrement les outils de connaissance de soi parce qu’ils permettent de mettre des mots sur quelque chose qui était souvent déjà présent en nous.

Et mettre des mots, ce n’est pas rien.

À partir du moment où je peux nommer une force, un besoin ou une façon de fonctionner, je peux commencer à la reconnaître lorsqu’elle apparaît et, surtout, à m’appuyer davantage sur elle.

Quelque chose que je considérais comme banal peut soudainement prendre beaucoup plus de valeur. Une façon de fonctionner que je trouvais différente commence à avoir du sens. Une capacité que j’utilisais sans même y penser devient une force que je peux choisir de mobiliser davantage.

Je commence à me voir autrement, à m’apprécier autrement et, étonnamment souvent, à envisager autrement ce qui est possible pour moi.

C’est là que la conscience de soi devient plus qu’une information. Elle peut devenir une source de satisfaction, d’enthousiasme et donner envie d’explorer davantage ce qui est déjà présent en nous.

Mais les mots ne suffisent pas

On peut connaître notre profil, nos talents, comprendre notre personnalité et accumuler énormément de connaissances sur nous-mêmes. Toute l’information du monde sur nous-mêmes ne suffit pas.

Parce que nous nous découvrons réellement dans la vie, à travers nos expériences, mais surtout dans la relation avec les autres.

Les autres nous renvoient quelque chose de nous. Ils reconnaissent parfois une force que nous ne voyions pas. Ils réagissent à notre façon d’être. Leurs différences nous amènent aussi à nous positionner, à reconnaître ce qui nous ressemble, ce qui compte pour nous et ce qui nous distingue.

Ils deviennent des miroirs, mais la relation fait encore plus que cela. Elle devient un espace dans lequel nous nous découvrons, nous nous définissons et apprenons à mieux nous connaître.

Et c’est là que les mots deviennent particulièrement précieux. Ils nous donnent des repères pour reconnaître ce qui se passe, faire des liens et donner du sens à ce que nos relations et nos expériences nous révèlent.

De la tête à l’expérience

Peu à peu, les mots ne servent plus seulement à nous décrire. Ils rencontrent notre quotidien, nos relations, nos choix et les expériences que nous traversons.

Ce que nous avions d’abord compris avec notre tête, nous commençons à l’éprouver. Et peu à peu, à l’incarner.

Au fond, mieux se connaître ne consiste donc pas seulement à accumuler de l’information sur soi.

Les mots nous aident à nommer. Les autres nous aident à nous voir. L’expérience nous permet d’éprouver ce que nous découvrons et, peu à peu, de l’incarner.

C’est dans cette rencontre entre les mots, les autres et l’expérience que la connaissance de soi prend réellement vie.

Ne pas simplement savoir qui je suis, mais commencer à le vivre.

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